
L'éditeur britannique d'appliance de sécurité Finjan constate que les 'hackers ' profitent de failles dans le système de gestion des noms de domaine pour piéger les internautes en les envoyant vers des sites Web infectés par du code malveillant.
"Les malfaiteurs exploitent ces problèmes "administratifs" pour contaminer un maximum d'utilisateurs et multiplier les risques d'infection," estime l'éditeur.Pour mener à bien ces arnaques, ils déposent auprès de 'registrars' plus ou moins attentifs, des noms de domaine dont l’adresse est proche de celle d'un site authentique.
Par
exemple, windows.com va devenir vvindows (avec deux v) ou LCL.fr va
devenir ICI.fr (avec deux i). Une fois référencée, cette page devient
un danger pour les internautes. Les premières attaques utilisant cette
technique ont été signalées par des webmasters et des fournisseurs
d'accès. L'usurpation de site ne dure généralement pas plus d'une
journée, ensuite l'URL est fermée.
Déjà début octobre 2007, Finjan publiait une alerte similaire. Les ingénieurs de son centre d'alerte MCRC pour Malicious Code Research Center
se sont rendu compte qu'en cherchant des sites populaires sur les
moteurs de recherche, ils pouvaient également visiter des liens
frauduleux dont l'écriture était très proches d'adresses originales.
Généralement,
ces faux sites installent sur le poste de la victime des chevaux de
Troie ou Trojans qui servent de leviers à d'autres attaques plus
sophistiquées. Ces dernières conduisent généralement à des vols
d'informations personnelles.
La vigilance des 'registrars' doit être plus grande
En
cherchant où étaient hébergés ces faux sites, les ingénieurs de Finjan
ont été étonnés de constater qu'ils étaient chez des registars
légitimes et qu'ils utilisaient des adresses IP "de confiance". Une
fois signalé aux détenteurs du site original, ces faux sites sont
rapidement fermés par les autorités de régulation des noms de domaines
mais le laps de temps écoulé a généralement permis la contamination de
centaines de visiteurs.
Cette révélation d'un vide juridique
dans le dépôt des noms de domaine, est véritablement inquiétante. Car
pour Finjan cela souligne l'inadéquation entre le travail des forces de
police d'un coté, et celui des autorités en place de l'autre...
Selon l'éditeur, il est impératif, pour offrir un Web plus sécurisé aux internautes, de mettre en place des politiques de dépôt de noms plus strictes.
"Les cybercriminels ne devraient
pas pouvoir déposer les noms de domaine qu'ils veulent aussi facilement
et y créer des sites "copycat", il y a un vide juridique quelque part", explique le groupe dans un communiqué.
Autre
problème de cette activité, elle fait du blacklisting -une pratique
courante en entreprises pour éviter que les employés ne visitent des
sites potentiellement dangereux- une approche totalement inefficace et
dépassée.
Les personnes en charge de la sécurité
ne vont effectivement pas entrer toutes les variantes autour d'un nom
de domaine pour garantir la sécurité d'un groupe.
Qui plus
est, la vitesse d'action des 'hackers', qui peuvent répliquer un site
en moins de cinq minutes pour les meilleurs, rend ces opérations de
listing inopérantes. Pour ces raisons, Finjan, et une majorité des
éditeurs de sécurité espèrent donc que les politiques de sécurité des
registrars vont être renforcées.
Source : silicon